Entre la rive droite historique de Rouen et les coteaux calcaires de la rive gauche, le sous-sol raconte une histoire géologique contrastée. D’un côté, les alluvions modernes de la Seine et les remblais anthropiques qui atteignent parfois huit à dix mètres d’épaisseur sur les quais ; de l’autre, la craie sénonienne qui affleure dès que l’on grimpe vers Bihorel ou Mont-Saint-Aignan. Cette dualité rend toute investigation ponctuelle insuffisante pour caractériser un site de construction. La tomographie sismique par réfraction et réflexion offre une image continue de ces interfaces, permettant de repérer la profondeur du substratum compétent et les éventuelles cavités karstiques, un phénomène bien connu en Haute-Normandie. Sur des projets d’envergure comme les réaménagements des friches industrielles en bord de fleuve, coupler cette méthode avec des essais CPT aide à corréler les profils de vitesse sismique avec la résistance de pointe, assurant ainsi un modèle géotechnique robuste dès les premières phases d’étude.
En contexte crayeux normand, la sismique réfraction ne se contente pas de cartographier le toit du rocher : elle révèle aussi le degré d’altération de la craie, un paramètre que ni le pénétromètre ni la tarière ne capturent avec autant de continuité latérale.



